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Thé

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"Thé"

 Le Thé de Ceylan est originaire de la République de Sri Lanka, autrefois connue sous le nom de Ceylan. C’est une île verdoyante et agréablement ensoleillée de la région des tropiques qui ne se trouve qu’à 4 degrés au nord de l’Equateur, à 35 Km de la pointe sud-est de l’Inde, possède une superficie moyenne de 65 610 Km² et s’élève approximativement à 2400 mètres au-dessus du niveau de la mer. Toute cette variété de climats et de paysages fait de Sri Lanka une île bénite par la nature.
C’est après la transition finale de l’île vers l’indépendance en 1948 pour devenir une République souveraine au sein du Commonwealth en 1972 que le nom usuel de Sri Lanka a de nouveau été adopté comme l’appellation officielle de cet Etat. Les Sri Lankais sont fiers de leur héritage culturel issu d’une civilisation avancée qui a prospéré il y a plus de deux mille ans. De nos jours, le Sri Lanka est une nation fortement progressiste, multiraciale, multi religieuse, polyglotte, avec environ 19 millions d’habitants.

Malgré une surface relativement réduite, le Sri Lanka est le troisième plus grand producteur mondial de thé. Sa production annuelle est d’environ 320 millions de Kgs, ce qui constitue 11% de la production mondiale. Le Sri Lanka exporte une majeure partie de sa production, ce qui en fait le plus grand exportateur de thé au monde. Le volume annuel d’exportation de Thé  du Sri Lanka dépasse les 315 millions de Kgs. La part globale du marché des exportations de Thé  est de 21%. En d’autres termes, les thés sri lankais ont été développés pour satisfaire le palais des dégustateurs de Thé  du monde entier. 

   Cependant, la force du  Thé de Sri Lanka n’est pas seulement due à son volume de production, mais aussi à une qualité et une saveur exceptionnelles. Le théier pousse sur les terrains en pente. Il est cultivé dans la région montagneuse du centre ainsi que dans les collines méridionales intérieures de l’île, à différentes hauteurs. Selon l’altitude à laquelle il est cultivé, le Thé  de Ceylan est classé dans trois principales catégories – Thé de basse culture (du niveau de la mer à 600 mètres), thé de moyenne culture (600 mètres à 1200 mètres) et thé de haute culture (1200 mètres et plus).

Les thés produits à Sri Lanka varient de la petite feuille à la longue feuille, de la saveur légère à la saveur corsée et bien accentuée. La plupart des marques et des mélanges de Thé , provenant d’autres parties du marché mondial, ont reçu un ajout de Thé de Ceylan afin d’améliorer leur qualité. Les principales caractéristiques du Thé  de Ceylan qui lui confèrent sa popularité dans le monde entier sont : sa saveur riche et à la fois légère, sa couleur dorée et son arôme agréable et naturel.

Une grande partie du Thé  noir produit à Sri Lanka se base sur l’emploi de méthodes traditionnelles. La cueillette des feuilles de thé se fait manuellement afin de s’assurer que seul les bourgeons fermés et les deux feuilles sont cueillis. Ce procédé permet de garantir la qualité et le goût du thé. Le Sri Lanka produit aussi une petite quantité de thés selon le procédé CTC (cut, tear and curl), de thé vert, du thé soluble et des thés bios.

 

Pour une grande partie de la population mondiale, le Sri Lanka est instantanément associé au Thé . Pour les innombrables buveurs de Thé , cela va plus loin en devenant un engagement, un lien particulier. La saveur et la qualité du Thé , comme le vin, dépendent de conditions agro climatiques et les variétés de renom portent le nom des principales régions en expansion. Les plantations de thé du Sri Lanka sont principalement situées dans les plus hautes altitudes, où le climat subtropical est frais et plaisant.


 

L’influence des diverses conditions climatiques du Sri Lanka sur la production de Thé  a été une importante découverte des planteurs pionniers dans la dernière partie du 19ème siècle. Cette Grâce à cette découverte, une variété de thés fins a été créée en fonction de chaque zone agro climatique et ne se trouvant nulle part ailleurs dans le monde. Ces différentes zones climatiques produisent des thés de renom, auxquels sont attribués des noms tels que Nuwara Eliya, Dimbula, Uva, Uda Pussellawa, Kandy et Ruhuna.

Le thé que produit le Sri Lanka s’adapte à chaque palais. C’est une marque caractéristique de l'industrie du thé sri lankais. La topographie du pays des collines, avec ses sols sinueux, apporte sa diversité au Thé . Le thé est un produit d’une large variété. Le sol, l'altitude, les changements climatiques, la vitesse du vent et les saisons conditionnent chacun la qualité du Thé . Il est tellement sensible aux variations atmosphériques que même des oscillations journalières du temps laisseront leurs empreintes gustatives sur la qualité du produit.

Les différences climatiques dues à l’altitude sont très significatives. Pour cette raison, la subdivision selon la hauteur en cultures basses (jusqu’à 600m a.d.n.m.), moyenne (600 - 1200 m a.d.n.m.) et hautes (au-dessus de 1200 m a.d.n.m.) est tellement importante du point de vue de la qualité. Le plus grand contraste se constate principalement entre les variétés provenant des cultures basses et hautes.

Nuwara Eliya

Nuwara Eliya est une vallée montagneuse de forme ovale, dont le plateau est à 2000 mètres au-dessus du niveau de la mer, et qui produit un thé avec une saveur unique. L’air est toujours parfumé par la menthe sauvage et l’eucalyptus dégagés par les arbres de cyprès présents en abondance. C'est une combinaison de tous ces facteurs qui font de ce thé un produit recherché par tous les connaisseurs du monde. Le thé, une fois brassé, est léger mais a une saveur et un arôme exquis. On dit que le thé de Nuwara Eliya est pour le Ceylan ce que le Champagne est pour le vin français.

Dimbula

C’est probablement le plus renommé des thés de Ceylan, car il est issu d’une des premières plantations fondées au Sri Lanka dans les années 1870, après que le théier ait succédé au caféier. La zone couvre les versants occidentaux des plantations de thés. Selon la définition, cette zone englobe les plantations situées à environ 1200 à 1700 mètres au-dessus du niveau de la mer.

La mousson du sud-ouest a un impact significatif sur la qualité des thés de Dimbula. Le froid sec, de janvier à mars, influence les conditions dans les vallées. La qualité climatique de cette zone occidentale produit une large gamme de thés dont les saveurs varient d’un goût corsé à plus léger, jusqu’aux thés délicats et parfumés.

Uva

Cultivés entre 1000 à 1700 mètres sur les pentes orientales des montagnes centrales de Sri Lanka, les thés de la région d'Uva ont une saveur et une âcreté caractéristiques, et sont largement utilisés dans de nombreux mélanges. Ce thé mérite également d’être apprécier en dégustation personnelle, particulièrement pendant la saison de juillet à septembre, quand il acquiert sa meilleure qualité.

Uda Pussellawa

A la lisière de la région d’Uva, dans la direction menant à Nuwara Eliya, s’étend une chaîne de montagnes nommée Uda Pussellawa. Comme à Uva, il subit les moussons du nord-est. Cependant, à la différence d'Uva, Uda Pussellawa est une région où existe deux saisons qui garantissent la meilleure qualité du thé. La période culminante pour la production de thé de la région orientale atteint son pic de Juillet à Septembre, période caractéristique pour les meilleurs thés de l’est du pays. Mais les conditions s’amélioreront durant la saison de « qualité occidentale » dans le courant du premier trimestre. Les plantations dans le haut d’Uda Pussellawa plus près de Nuwara Eliya bénéficient d’un temps frais et sec qui apportent une gamme des thés attrayante.

Kandy

Les plantations autour de Kandy, l’ancienne capitale de Ceylan, fournit ce que l’on nomme les thés de la région centrale. Ce sont de remarquable Thé  corsé, qui attire toute personne aimant les bons thé à saveur forte.

Les plantations sont localisées entre 650 et 1300 mètres et Kandy est une région où le thé fut initialement cultivé au Sri Lanka.

Ruhuna

La partie méridionale du pays possède un sol exclusif qui lui procure la noirceur aux feuilles ainsi que la force et le caractère dans le goût. Les seules caractéristiques de ces thés, cultivés du niveau de la mer jusqu’à environ 600 mètres d’altitude, sont leur aspect et saveur particulière. La gamme élégante de toutes ces feuilles de thé est mise en valeur par des Golden Tips et des Silver Tips produits à partir d'une gamme d’arbres thé qui prospèrent dans les sols fertiles et les zones chaudes. C’est une boisson idéale pour les amoureux du thé noir, sucré - avec ou sans lait.

Thé

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Le théier

Le thé est une boisson stimulante, obtenue par infusion des feuilles du théier, préalablement séchées et le plus souvent oxydées.

D'origine chinoise, où il est connu depuis l'Antiquité, le thé est aujourd'hui la boisson la plus bue au monde après l'eau. La boisson elle-même peut prendre des formes très diverses : additionnée de lait et de sucre au Royaume-Uni, longuement bouillie avec des épices en Mongolie, préparée dans de minuscules théières dans la technique chinoise du gōngfū chá, la cérémonie du thé.

Par analogie, le mot désigne, dans certaines régions francophones une infusion préparée à partir d'autres plantes (par ex. thé de tilleul) bien que l'on doive parler plus proprement de tisane. Il en est de même dans certains pays où le thé ne fait pas partie d'une culture ancienne (Allemands ou Italiens parlent ainsi de « Tee » et de « Tè » quelle que soit la plante utilisée) et où le café prédomine largement le secteur des boissons chaudes.

Sommaire

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Le mot « thé »

 

 

Thé en Espagne

Le sinogramme pour thé est qui a deux prononciations différentes suivant les dialectes. Et le mot signifiant thé dans presque toutes les langues du monde dérive de l'une ou l'autre de ces deux prononciations.

La prononciation officielle (aussi utilisée en cantonais et en mandarin), qui s'est sans doute répandue depuis Canton et Hong Kong, est "chá", et vient du mot cueillir. Plusieurs langues l'ont empruntée dont le portugais (chá), le tchèque (tchaï), le russe (tchaï), le japonais (, ちゃ, cha), l'arabe (chaï), le hindi (chaï), le turc, l'arménien oriental et le persan. Le vietnamien vient de cette orthographe également, mais le mot a évolué pour devenir trà, cependant, dans certains dialectes, la prononciation "chà" est restée.

L'autre prononciation est "te", qui vient du mot désignant cette boisson dans la langue minnan, parlée notamment dans le Sud du Fujian où se trouve le port de Fuzhou aussi appelé Amoy par les Malais et qui servit de base à l'exportation des premiers thés par mer. C'est ce mot qui est passé dans les langues de l'archipel indonésien, notamment le javanais et le malais.

Les Hollandais qui introduisirent le thé en Europe en 1606, l'ayant acheté à Java, le nommèrent thee, d'où le français thé, l'anglais tea, l'allemand Tee, etc.

Dans les pays où la prononciation commence par "ch" le thé s'est répandu par les terres et surtout au début par la Russie, alors que dans les pays où la prononciation commence par "te" il s'est répandu par la mer.

En Amérique du Sud le thé est parfois désigné par un terme sans relation aucune avec le chinois. Une autre boisson stimulante, le maté, était consommée bien avant l'introduction du thé, aussi dans différents endroits d'Amérique du Sud, tout particulièrement dans les pays andins, le thé est appelé maté.

Histoire

Article détaillé : Histoire du thé.

Selon la légende chinoise, l'utilisation du thé comme boisson serait apparue en l'an 2737 avant notre ère, quand des feuilles se seraient détachées d'un arbre pour tomber dans l'eau chaude de l'Empereur Shennong. Des récipients à thé datant de la dynastie Han (de -206 à 220) ont été retrouvés, mais c'est sous la dynastie des Tang (618 - 907) que le thé a été clairement identifié comme la boisson populaire.

Culture

 

 

Plantation de thé en Malaisie

Le théier, arbre à thé ou tout simplement thé, est un arbuste originaire d'Extrême-Orient, de la famille des Théacées. On distingue trois formes de cette espèce cultivées dans le monde entier : le Camellia sinensis assamica (Assam), le Camellia sinensis sinensis (Yunnan) et le Camellia sinensis cambodiensis. Les principaux pays producteurs sont la Chine, l'Inde, le Sri Lanka, le Vietnam, le Japon, le Népal, la Turquie, le Kenya et la Tanzanie.

(Note : dans le commerce du thé, le Sri Lanka et Taïwan sont désignés par leurs anciens noms de Ceylan et Formose, respectivement.)

Suivant l'espèce, le théier se cultive dans un milieu climat tropical humide pour l'Assam ou supporte des conditions plus rigoureuses (Japon, Chine, Géorgie, Iran, Turquie et Himalaya indien) pour le Yunnan. En plantation (densité de 10 000 pieds par hectare), le théier est taillé pour ne pas dépasser un mètre de haut, afin d'en faciliter la cueillette. Les premières récoltes commencent au bout de trois à quatre ans.

La cueillette

La cueillette s'effectue encore à la main, le plus souvent par des femmes, sauf au Japon et en Géorgie où elle est mécanisée. Elle se pratique plusieurs fois par an, jusqu'à quatre fois ou plus suivant les régions. Les cueillettes se font par round de 4 à 14 jours, le temps que le théier se renouvelle.

Les feuilles les plus jeunes sont vert clair. Ce sont les plus riches en substance (caféine, tanin, etc) et celles qui fournissent la boisson la plus goûteuse et la plus raffinée. À l'extrémité des branches se trouve un bourgeon recouvert d'un duvet blanchâtre, le pekoe, qui signifie en chinois duvet blanc et qui n'est autre que la jeune pousse enroulée sur elle-même. Ce bourgeon est particulièrement recherché. Plus on redescend sur la branche, plus les feuilles sont larges et moins la boisson sera savoureuse.

On effectue donc plusieurs sortes de cueillette suivant la qualité recherchée de la boisson. Dans la cueillette dite « impériale », on cueille uniquement le pekoe plus une feuille, dans la cueillette « fine », le pekoe plus deux feuilles et dans la cueillette normale, le pekoe et trois feuilles ou plus.

Pour la liste détaillée des grades du thé, voir l'article dédié : Grades du thé.

Procédés de fabrication

 

 

Etape de fabrication

 

 

Feuilles de théier

Les différentes sortes de thés (noirs, verts, oolong, etc.) ne proviennent pas de différentes espèces de théier, comme on l'a longtemps cru en Occident, mais sont obtenues en traitant différemment les feuilles récoltées. Si les opérations élémentaires sont simples à décrire, les méthodes exactes sont des secrets industriels jalousement gardés.

En plus des opérations décrites ci-dessous, les feuilles de thé sont parfois façonnées à la main en boules, en fleurs, en dragons, etc.

Thé vert

Article détaillé : Thé vert.

Le thé vert est un thé dont les feuilles, après la cueillette, seront le plus souvent flétries et chauffées à haute température, afin de neutraliser les enzymes responsables de l'oxydation. Elles seront ensuite roulées et séchées plusieurs fois afin d'obtenir une forme particulière. On peut distinguer deux méthodes principales pour obtenir du thé vert. La méthode chinoise, d'une part, par laquelle les feuilles sont chauffées dans de grandes bassines de cuivre placées sur le feu ; la méthode japonaise, d'autre part, par laquelle les feuilles seront chauffées à la vapeur, très brièvement, en moins d'une minute, avant d'être roulées et séchées.

Thé jaune

Article détaillé : Thé jaune.

Thés d'origine chinoise, les plus fins et souvent les plus rares des thés. Très délicats, ils subissent une légère fermentation à l'étouffée et leurs feuilles ne sont pas travaillées. Seuls les bourgeons duveteux sont utilisés.

Thé blanc

Article détaillé : Thé blanc.

Thés d'origine chinoise, à l'instar des thés jaunes, ce sont des thés très délicats qui, eux, ne subissent aucune fermentation. Les trois premières feuilles, dont le bourgeon, peuvent être présentes, toujours entières. Elles sont simplement séchées à l'air libre.

Thé semi-oxydé

Article détaillé : Thé Oolong.

Thés d'origine chinoise ou taiwanaise (Formose), couramment appelés Oolong. Ils sont également désignés en Chine grâce à leur couleur : qïng chà « thé bleu-vert ». Les feuilles sont d'abord flétries au soleil afin de démarrer l'oxydation, puis brassées dans une pièce chaude (25 °C) et humide (85 %). Plus cette étape est longue, plus l'oxydation sera importante. Dans la méthode chinoise, l'oxydation n'est que de 12 à 20 %. Dans la méthode de Formose elle est stoppée à 60/70 %. L'oxydation est ensuite stoppée par chauffage dans une bassine en fer.

Thé rouge

Les Chinois nomment thés rouges ce que les occidentaux appellent thés noirs. La couleur rouge correspond en fait à celle de l'infusion et non à celle des feuilles.

D'autre part, le thé rouge vendu en Europe est généralement la dénomination donnée improprement à une plante, différente du thé, poussant en Afrique du Sud, le rooibos (Aspalathus linearis), qui ne contient pas de caféine et peu de tanin.

Thé post-fermenté

Article détaillé : Pu-erh.

Les thés post-fermentés sont appelés en Chine thé noir, en raison de la couleur très sombre de leur infusion. Peu connus en Occident, ils y sont parfois désignés par le terme de thé sombre. Le plus célèbre d'entre eux est le thé Pu-erh, originaire du Yunnan. Les thés post-fermentés sont des thés qui ont connu une oxydation non enzymatique différente de celle des thés noirs. Deux procédés coexistent pour les produire. Traditionnellement, les thés post-fermentés sont obtenus à partir de feuilles de thé que l'on torréfie pour stopper toute oxydation enzymatique, puis que l'on compresse et enfin conserve pendant une longue période pendant laquelle a lieu un processus complexe d'oxydation non enzymatique et de fermentation. Ce type de thé est désigné en Chine comme "cru". À partir du milieu des années 1970 a été inventé un procédé permettant d'obtenir rapidement un thé imitant la longue post-fermentation du thé cru. Après la torréfaction, le thé est maintenu dans une atmosphère très humide, proche du compostage, qui permet une post-fermentation accélérée. Le thé est ensuite souvent compressé. Ce type de thé post-fermenté est désigné en Chine comme "cuit".

Les thés post-fermentés ont la particularité de se bonifier avec le temps : leur âge est ainsi élément essentiel de leur prix. Ils ont un goût très particulier : terreux, évoquant le cuir, les feuilles humides ou les champignons. L'infusion est particulièrement âcre chez les thés jeunes (surtout pour les "cuits") ; elle s'adoucit et s'enrichit en vieillissant.

Le thé noir en Occident

Article détaillé : Thé noir.

Les thés noirs communément commercialisés en Occident sont issus d'un processus de fabrication mis au point par les Britanniques, en Inde, au milieu du XIXe siècle. Les Britanniques se sont inspirés des méthodes chinoises, qu'ils ont largement rationalisées et simplifiées, introduisant notamment l'usage de machines (broyeuses, séchoirs, tamis, etc.), là où les Chinois continuent à préparer les thés à la main.

Le procédé orthodoxe

  • Le flétrissage (18 à 32 heures) : permet de retirer une partie de l'humidité présente dans les feuilles fraîches.
  • Le roulage (30 minutes) : les feuilles sont roulées, cela a pour effet de briser les cellules de la feuille qui libéreront des enzymes permettant une meilleure fermentation.
  • L'oxydation (1 à 3 heures) : les feuilles sont mises à reposer dans une pièce chaude et humide.
  • La dessiccation (20 minutes) : pour arrêter la fermentation, on soumet les feuilles à une température de 90 °C.
  • Le tamisage : il s'agit de trier les feuilles et de les emballer.

Le procédé CTC

après avoir été légèrement flétries et coupées, les feuilles sont totalement déchiquetées par des cylindres équipés de lames métalliques. Elles sont ensuite roulées dans un ghoogi (tonneau tournant sur lui-même).

Il existe des variantes à ces méthodes, la famille des thés noirs étant la plus grande et la plus répandue de par le monde.

La plupart du temps, le vendeur mélange des feuilles déchiquetées provenant de diverses plantations pour obtenir un thé à la saveur précise correspondant au produit qu'il commercialise.

Les thés parfumés ou aromatisés [modifier]

Article détaillé : Thé aromatisé.

Une fois les feuilles de thé préparées, des additifs peuvent être utilisés pour parfumer le thé avant son infusion. Cela peut être des fleurs (jasmin, rose), des essences (bergamote, citron) ou bien encore des épices (gingembre, cardamome, cannelle, poivre noir, clou de girofle, muscade). Les thés parfumés ou aromatisés peuvent être produits à partir de n'importe quel type de thé : vert, blanc, noir ou même post-fermenté. En Occident, le plus souvent, ces arômes sont ajoutés à un thé noir.

Quelques thés parfumés célèbres :

  • Thé au jasmin : thé vert auquel sont ajoutées lors de l'oxydation des fleurs de jasmin. Il en reste un peu comme décoration.
  • Thé à la menthe : thé vert (en général du Gunpowder) auquel sont ajoutées lors de l'infusion des feuilles de menthe fraîche et du sucre.
  • Earl Grey : thé noir parfumé à l'essence de bergamote.

Quelques thés célèbres [modifier]

 

Plantation de thé, Sri Lanka

  • Darjeeling, Assam et Nilgiri : thés noirs originaires des régions du même nom en Inde où la culture du thé fut importée par les Britanniques au XIXe siècle.
  • Ceylan : thé noir originaire du Sri Lanka, pays dont l'ancien nom est Ceylan.
  • Gunpowder : thé vert d'origine chinoise. Ce thé est fabriqué de telle manière qu'il forme de petites boulettes très dures. Cette forme et sa couleur vert très foncé lui ont valu cette appellation qui signifie en anglais « poudre à canon ». Ce thé, de faible qualité, est célèbre car c'est celui qui est utilisé pour la préparation du thé à la menthe dans les pays du Maghreb.
  • Lapsang Souchong : thé chinois de la province du Fujian. C'est un thé noir dont les feuilles sont placées dans la fumée d'un feu d'épicéa ou de cyprès, ce qui lui donne un goût fumé plus ou moins marqué.

Remplacements

Certaines boissons portent faussement le nom de thé, sans qu'elles aient à voir avec la plante « théier ». Citons, entre autres :

  • le maté (ou hierba mate) qui est un buisson qui pousse surtout en Argentine, en Uruguay et au Brésil ;
  • le « thé » rouge d'Afrique du Sud, qui provient en fait du rooibos (buisson rougeâtre). Il ne contient pas du tout de caféine ;
  • le lapacho (nommé aussi taheebo) qui est la doublure interne de l'écorce d'un arbre qui croît dans la jungle brésilienne ;
  • le thé Hoasca à base de plantes d'Amazonie, qui contient des alcaloïdes ;
  • deux boissons japonaises : le mugicha, à base d'orge, et le sobacha, à base de sarrasin ;
  • le thé aux herbes qui ne fait référence à aucune plante, ni même à une fleur spécifique, ce terme est souvent utilisé pour désigner une infusion de plantes très différentes du thé ;
  • le thé des mormons est en réalité une infusion d'Ephedra sinica, dont les effets stimulants sont dus à la présence de pseudoéphédrine, un alcaloïde proche de l'adrénaline ;
  • le HoneyBush tirés de buissons Africains ;
  • le konbucha japonais n'est pas un thé à base de feuilles du théier, mais à base d'algues. Comme le matcha, il se présente sous forme de poudre a diluer dans l'eau chaude ;
  • le shiitakécha japonais n'est pas un thé à base de feuilles du théier, mais à base de poudre de champignons. Comme le matcha, il se présente sous forme de poudre à diluer dans l'eau chaude;
  • le thé d'Aubrac, trouvé dans les régions montagneuses de France (Lozère, Aveyron) et qui est en fait une infusion de Calamine.

Grades

Article détaillé : Grades du thé.

Modes de préparation [modifier]

 

 

Une méthode de préparation du Thé en Chine (Gong Fu Cha)

Article détaillé : Préparation du thé.

Le thé noir est infusé dans une théière, avec une eau à 95 °C, de 30 secondes à 5 minutes, suivant la qualité du thé. Dans la tradition britannique, ces thés sont parfois additionnés de sucre et de lait pour en atténuer l'amertume.

Le oolong est infusé dans une eau à 95°C, de 4 à 7 min. Ces thés se préparent également par la méthode du gōngfū chá. Les feuilles doivent généralement être rincées quelques secondes avant l'infusion pour leur permettre une infusion optimale.

Le thé vert est infusé dans une eau moins chaude, entre 70°C et 80°C, pendant 2 à 3 minutes. Les thés jaunes ou blancs sont préparés de même, dans une eau de moins en moins chaude au fur et à mesure que la qualité du thé augmente. Ces thés se préparent aussi en zhōng.

Moins longtemps le thé infuse, plus il devient un excitant, car la caféine se diffuse lors de la première minute d'infusion, alors qu'après 3 à 5 minutes, ce sont les tanins qui sont libérés et qui neutralisent la caféine dans le tube digestif.

Composition et vertus du thé

Une simple tasse de thé est un mélange complexe de plus de 500 substances actives. Outre les différences liées à la nature du thé, la durée d'infusion, la nature et la température de l'eau entraînent une variabilité extrême de la composition de la boisson.

Les principaux composants du thé sont l'eau (environ 75 % du thé « sec »), des tanins (environ 4 %), des protéines (~4 %, seule l'albumine est soluble dans l'eau), des acides aminés (théanine, sérine) des lipides (moins de 1 %), des acides organiques (acide quinique, acide oxalique, acide gallique), des sucres (fructose, saccharose, raffinose et stachyose), des vitamines (A, B, C, E, P), des minéraux (potassium, fluor, phosphore, magnésium) et des centaines de substances aromatiques (géraniol) ou aux propriétés pharmacologiques (caféine etc.).

La théanine

La théanine est un acide aminé exclusivement présent dans les feuilles de thé, à part un autre organisme vivant le Bolet bai (un champignon). C'est l'acide aminé prédominant. Il représente de 1 à 2% du poids total des feuilles noires, vertes ou semi-fermentées et plus de 50% des acides aminés[1]. La théanine possède une saveur à la fois astringente, sucrée et umami, elle contribue au goût umami des thés verts en agissant comme un exhausteur de goût[2]. L’activité de la théanine sur le cerveau a montré une réduction du stress mental et physique[3] et produit un effet relaxant[4].

Quantité de Théanine dans différentes variétés de feuilles de thé[1].

Thé

Type

Pays de production

Théanine en
g/100 g de tea)

African Flower

Noir

Kenya

1,3

Assam FOP

Noir

Inde

1,05

Ceylon Pekoe

Noir

Sri Lanka

2,2

Darjeeling FOP

Noir

Inde

1,45

Georgian FOP

Noir

Georgie

1,16

Lapsang Souchong

Noir

Chine

0,82

Yunnan

Noir

Chine

2,38

Formosa Oolong

Oolong

Taïwan

0,6

Gunpowder

Vert

Chine

1,78

Sencha

Vert

Japon

1,05

Les polyphénols

Le thé est également une source d'antioxydants sous forme de polyphénols de différentes natures suivant le genre et le procédé de fabrication. Le thé vert renferme principalement des catéchines (épicatéchine, gallate d'épicatéchine, épigallocatéchine, gallate d'épigallocatéchine) et sa fermentation les transforme en théaflavines et théarubigines[5]. La consommation d'une tasse de thé assure une protection antioxydante maximale après une à cinq heures. La catéchine et les molécules apparentées sont les principaux polyphénols du thé. Une tasse peut en contenir jusqu'à 200 mg. Ces molécules sont aussi présentes dans de nombreux fruits et notamment le raisin. On les retrouve dans le vin rouge.

La caféine

La théine, découverte en 1827 par Oudry, a été identifiée en 1838 à la caféine. Le terme n'a pourtant jamais disparu du langage courant. La caféine est la principale méthylxanthine présente dans le thé, la théophylline et la théobromine sont faiblement présentes[5]. Les effets excitants du thé sont notablement différents de celui du café. D'après le Docteur P. Dukan, une tasse de café contient 100 à 120 mg de caféine, alors qu'une tasse de thé en contient 80 mg[6]. Les polyphénols oxydés (les tanins) contenus dans le thé lient l’effet de la caféine. Ainsi cette caféine est lâchée dans le sang sur une durée pouvant aller de 6 à 8 heures et de manière uniforme. La caféine du café sera lâchée rapidement, produisant un pic d’intensité, qui retombe aussitôt, sur une durée de 2 à 3 heures. C’est pourquoi le thé est réputé « stimuler sans énerver ».

De ce fait, la diminution des effets excitants du thé s'obtient en l'infusant plus longtemps. Cet effet, qui paraît paradoxal s'explique par l'action des tanins (libérés davantage au cours d'une infusion prolongée) sur les molécules de la caféine : comme l'explique le Docteur P. Dukan : « Le muselage des effets excitants de la caféine du thé est liée à la présence des tanins. Dans l'estomac, en présence de l'acide chlorhydrique, les tanins précipitent en emprisonnant et en neutralisant une partie de la caféine présente. (...) [En effet] la caféine du thé diffuse bien plus vite dans l'eau que les tanins. En trois minutes, dans de l'eau chaude, 75% de la caféine sont libérés pour seulement 52% des tanins. Si l'on veut un thé léger en caféine mais qui a du goût, il ne faut pas réduire le temps d'infusion, mais l'augmenter pour donner aux tanins le temps de diffuser avec leurs arômes et l'âpreté de leur saveur »[7].

Les vitamines

Les feuilles fraîches de thé contiennent beaucoup de vitamines, en particulier de la vitamine C. Le thé vert en contient entre 150-300mg par 100g de feuilles. Les thés japonais contiennent une proportion notable de vitamine C, ce qui les rend donc plus stimulants que les thés chinois ou indiens. Les thés semi-oxydés et les thés noirs en contiennent moins (décomposition durant l'oxydation). Les vitamines du groupe B, la vitamine E et la vitamine K sont aussi très présentes[5].

Les microéléments

Le thé contient beaucoup de minéraux, parmi eux seuls le fluor, le manganèse et le nickel sont susceptibles de contribuer à l'apport nutritionnel conseillé (ANC)[5].

Autres effets]

En se basant sur l'effet démontré de tel ou tel de ses composants, on prête au thé les vertus les plus variées. Il entretiendrait le système nerveux, préviendrait le développement du cancer (en raison des catéchines qu'il contient), ralentirait le vieillissement, favoriserait le drainage, éviterait les caries, fluidifierait le sang, contrôlerait l'hypertension, etc. Toutefois, l'effet bénéfique d'une consommation régulière de thé n'a jamais pu être mis en évidence de manière probante. Le thé reste néanmoins un élément essentiel de la phytothérapie chinoise, de nature plus préventive que curative.

Thé au lait

De nombreuses études expérimentales et cliniques antérieures ont révélé que le thé exerçait un effet protecteur contre les maladies cardiovasculaires. Toutefois, une étude allemande [8] a prouvé récemment que, si la consommation de thé noir permet d'améliorer de manière significative la dilatation des artères par rapport à la consommation d'eau chaude, l'ajout de lait a totalement supprimé les effets du thé en raison de la présence des caséines et de la formation de complexes avec les catéchines du thé.

Économie du thé]

L'essentiel du thé est produit par de grandes exploitations en Inde, en Chine ou au Sri Lanka, à destination des grandes entreprises de l'agro-alimentaire. À l'opposé de cette production industrielle, de nombreux « jardins », plantations parfois minuscules, fabriquent des thés très recherchés des amateurs. Ces derniers peuvent se comparer aux très grands crus de vins français, à la fois par leur rareté et par leur prix. Leur économie échappe largement aux grands courants mondiaux.

 

 

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